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Boulevard
de la republique

«Le Gouvernement accorde une priorité à la mise en place et à la consolidation d'institutions fortes, durables et crédibles», déclare SE. Brigi Rafini

« Mesdames et Messieurs ;
Je voudrais de prime abord vous souhaiter au nom du Président de la République, Son Excellence Elhadji Issoufou Mahamadou, du Gouvernement et du Peuple nigériens, la cordiale bienvenue et vous adresser nos remerciements pour le choix porté sur le Niger pour abriter la 8ème Assemblée Générale de l'Association des Institutions Supérieures de Contrôle ayant en Commun l'Usage du Français (AISCCUF), une association qui œuvre pour le renforcement des institutions de contrôle dans l'espace francophone et la promotion d'une bonne gestion des finances publiques.
Je remercie les Présidents de ces Institutions et leurs représentants qui ont fait le déplacement de Niamey ; ils nous confortentdans notre détermination à poursuivre les objectifs que nous nous sommes fixés en matière de gouvernance économique et financière.
Mesdames et Messieurs,
Vous le savez, le 30 août dernier, le Niger a perdu un de ses dignes fils, j'ai nommé Monsieur Saidou SIDIBE, de son vivant, Premier Président de la Cour des comptes. Ce fut une grande perte pour notre pays et pour toute la communauté des Institutions Supérieures de Contrôle. En témoigne les nombreuses délégations étrangères venues au Niger présenter leurs condoléances au Président de la République et la famille de l'illustre disparu.
Je voudraisen cet instant, remercier ses pairs Premiers Présidentsdes Cours des comptes francophones, qui ont tenu à maintenirla présente rencontre est maintenue à Niamey, pour une fois de plus rendre hommage à Monsieur Saidou SIDIBE qui a présidé deux (2) ans durant, aux destinées de l'AISCCUF. Cet acte honore le Niger en général et la Cour des comptes en particulier.
Il a marqué son passage à la tête de la Cour des comptes du Niger, par les différentes réformes qu'il initiées pour permettre à l'institution de conforter son indépendance et de la hisser au rang des autres institutions membres de l'INTOSAI, de l'AFROSAI et de l'AISCCUF.
Sous son impulsion, la Cour des comptes a pu rattraper le retard accusé dans la production des Rapports Généraux Publics annuels. Ces derniers il faut le souligner, contiennent des recommandations pertinentes que le Gouvernement s'attèle avec les autres parties concernées, à mettre en œuvre.
S'agissant du thème de votre rencontreà savoir « Contrôles de la commande publique» et «Contrôles des partenariats publics privés », il traduit à suffisance l'intérêt que l'AISCCUF accorde aux questions de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques.
On peut légitimement se réjouir de ce que l'AISCCUF offre à nos pays un cadre de réflexion pour enrichir les mécanismes et moyens auxquels nos Etats font à la fois recours ou sur lesquels ils s'appuient pour promouvoir des économies saines, bien gérées et susceptibles de promouvoir la compétitivité et la croissance dans un monde en perpétuelle mutation nous obligeant à faire preuve de plus d'ingéniosité pour faire face aux multiples défis qu'il nous impose.
Nos Etats, qui ont bien compris la nécessité de s'adapter au nouveau contexte, ont déjà posé les jalons de cette approche à travers les regroupements régionaux et sous-régionaux d'intégration économique. Au niveau interne, notre pays poursuit son programme de réformes en matière d'amélioration de la gestion des finances publiques.
Depuis plus de sept (7) ans en effet, le Gouvernement, sous l'impulsion du Président de la République Son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, met en œuvre avec succès le Programme de Renaissance sur la base duquel le peuple l'a élu. Son ambition comme il l'avait indiqué dans son discours d'investiture du 02 avril 2016, est de laisser à la fin de son mandat « un pays radicalement transformé, où les institutions démocratiques seront plus fortes, la lutte contre la corruption aura progressé, les inégalités auront reculé... ».
Pour réussir ce pari, le Gouvernement accorde une priorité à la mise en place et à la consolidation d'institutions fortes, durables et crédibles. Mais, ces performances ne seront durables que dans un cadre d'une bonne gouvernance assumée. C'est pourquoi, nous avons décidé de renforcer les capacités de la Cour des Comptes par la révision de la loi organique qui détermine ses attributions, son organisation, sa composition et son fonctionnement. Il s'agit d'arriver à l'effectivité d'une institution pérenne et efficace de contrôle afin de consolider durablement la bonne gestion des finances publiques.
Nous demeurons convaincus que sans contrôle efficace de la commande publique, les mauvaises pratiques de marchés accordés sans respect de la règlementation et dont les conséquences seront la mauvaise exécution, les fausses factures ou les surfacturations continueront à avoir droit de cité dans nos pays ; c'est pourquoi nous appelons au renforcement des mécanismes de contrôle par les Cours des Comptes ainsi que la possibilité de sanctionner les auteurs de telles pratiques.
Aussi, sous l'impulsion du Gouvernement, la question des contrôles de la commande publique a-t-elle fait l'objet d'une attention particulière. C'est ainsi que le cadre juridique en la matière a fait l'objet dès 2016, d'harmonisation avec la règlementation des marchés publics de l'espace UEMOA.
En ce qui concerne les contrôles des Partenariats Publics Privés, le Gouvernement a mis en place une structure de Partenariat Public Privé dont l'action a permis la conclusion de plusieurs contrats de réalisation d'infrastructures et de biens d'équipements. S'il est vrai que ces nouveaux types de contrats sont générateurs de ressources destinées à booster l'investissement, il n'en reste moins vrai que l'afflux des capitaux qu'ils induisent nous oblige à plus de vigilance sur cette nouvelle source de financement qui doit être maitrisée pour ne pas dépasser des seuils supportables pour les économies de nos pays.
Le thème de vos assises est donc une réelle opportunité d'approfondir la réflexion, afin de créer les conditions d'un développement durable de nos Etats. Je vous exhorte donc à des réflexions fécondes pour qu'au sortir de vos assises, des recommandations et des propositions susceptibles d'accompagner les politiques publiques engagées par nos pays, soient formulées dans le sens de l'accélération de leur développement économique et social.
Aussi, je puis vous assurer pour notre part, que nous allons tout mettre en œuvre pour que la Cour des Comptes du Niger dispose des ressources humaines, matérielles, et financières nécessaire à son bon fonctionnement, ainsi qu'une législation appropriée, lui permettant d'exercer ses compétences de contrôle. Au-delà, mon gouvernement œuvrera partout où cela s'avère utile en vue de promouvoir dans l'espace francophone, l'indépendance des Institutions Supérieures de Contrôle, dont il doit être entendu que leur action constitue le seul gage de notre réussite commune.
Sur ce, je déclare ouverts les travaux de l'Assemblée Générale de l'Association des Institutions Supérieures de Contrôle ayant en Commun l'Usage du Français (AISCCUF).

Je vous remercie. ».

Onep